« Addresse à tous les électeurs du Bas-Canada, sur le choix de leurs représentants à l'élection prochaine » : différence entre les versions
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Et dès lors on verrait les gens en place accourir en foule, et s'écrier, agenouillés devant leur Dieu : « À merveille, c'est juste ; vous avez raison, vous aurez toujours raison, prenez et payez, c'est votre droit. » Et il payerait. Cependant remarquez bien mes amis que si le gouverneur avait ensemble ''et le droit d'engager nos serviteurs, et celui de les payer à discrétion'', les moins utiles au public, les plus lâches, seraient bien vite les mieux récompensés. Ils diraient : « Oh! aujourd'hui il pleut, ou bien il fait trop chaud, ou bien il fait trop froid, n'allons pas au champ, c'est trop dur ; allons à la maison du gouverneur, fraîche en été, chaude en hiver, et là faisant nos chiens couchants, nous le chatouillerons en lui léchant la plante des pieds, ça lui fera plaisir, il nous jettera de bons os à ronger. » Pendant ce temps là, les bons serviteurs, qui, malgré le mauvais temps, auraient travaillé tout le jour, ou qui malgré le beau temps n'auraient pas été à la promenade dans la basse-cour du gouverneur, mais se seraient tenus à leurs bureaux pour y faire leur devoir, ne recevraient que des ''regoulades'', et point de paye, pour récompense de leur honnête fidélité. Les hommes travaillants seraient haïs, parce que leur diligence ferait encore plus paraître la paresse des autres. Mais comment se vengeraient ceux-ci ? Par des mensonges. Ils iraient dire au gouverneur : « Vous nous voyez tous les jours, parce que nous vous respectons et vous aimons beaucoup. Il en est d'autres que vous ne voyez pas souvent ; ce sont des ingrats, promus par vos prédécesseurs ou même par vous ; ils ne vous aiment pas autant que vous le méritez ; ce sont des orgueilleux qui évitent de paraître devant vous parce qu'ils ne veulent pas assez reconnaître vos grandeurs : ce sont des ambitieux, des démocrates enragés, qui disent que nous vous faisons plus grand que vous n'êtes, en nous faisant plus petits devant vous, que la loi ne le requiert. Renvoyez les. Tout ce que vous voudrez, direz, ferez nous l'applaudirons. Eux, ils pensent qu'ils ne doivent vous obéir que comme la loi le dit, qu'il leur est défendu de rien faire contre les intérêts du peuple, pour 1equel ils sont obligés en conscience de travailler. Pour nous, nous disons que le peuple et ses représentants sont trop regardants pour nous bien payer, que vous connaissez vous-mêmes ses intérêts bien mieux que personne, qu'il faut s'en fier à vous. Nos enfants, nos amis, pensent comme nous ; employez les, chassez les autres ; (''turn them out.'') » | Et dès lors on verrait les gens en place accourir en foule, et s'écrier, agenouillés devant leur Dieu : « À merveille, c'est juste ; vous avez raison, vous aurez toujours raison, prenez et payez, c'est votre droit. » Et il payerait. Cependant remarquez bien mes amis que si le gouverneur avait ensemble ''et le droit d'engager nos serviteurs, et celui de les payer à discrétion'', les moins utiles au public, les plus lâches, seraient bien vite les mieux récompensés. Ils diraient : « Oh! aujourd'hui il pleut, ou bien il fait trop chaud, ou bien il fait trop froid, n'allons pas au champ, c'est trop dur ; allons à la maison du gouverneur, fraîche en été, chaude en hiver, et là faisant nos chiens couchants, nous le chatouillerons en lui léchant la plante des pieds, ça lui fera plaisir, il nous jettera de bons os à ronger. » Pendant ce temps là, les bons serviteurs, qui, malgré le mauvais temps, auraient travaillé tout le jour, ou qui malgré le beau temps n'auraient pas été à la promenade dans la basse-cour du gouverneur, mais se seraient tenus à leurs bureaux pour y faire leur devoir, ne recevraient que des ''regoulades'', et point de paye, pour récompense de leur honnête fidélité. Les hommes travaillants seraient haïs, parce que leur diligence ferait encore plus paraître la paresse des autres. Mais comment se vengeraient ceux-ci ? Par des mensonges. Ils iraient dire au gouverneur : « Vous nous voyez tous les jours, parce que nous vous respectons et vous aimons beaucoup. Il en est d'autres que vous ne voyez pas souvent ; ce sont des ingrats, promus par vos prédécesseurs ou même par vous ; ils ne vous aiment pas autant que vous le méritez ; ce sont des orgueilleux qui évitent de paraître devant vous parce qu'ils ne veulent pas assez reconnaître vos grandeurs : ce sont des ambitieux, des démocrates enragés, qui disent que nous vous faisons plus grand que vous n'êtes, en nous faisant plus petits devant vous, que la loi ne le requiert. Renvoyez les. Tout ce que vous voudrez, direz, ferez nous l'applaudirons. Eux, ils pensent qu'ils ne doivent vous obéir que comme la loi le dit, qu'il leur est défendu de rien faire contre les intérêts du peuple, pour 1equel ils sont obligés en conscience de travailler. Pour nous, nous disons que le peuple et ses représentants sont trop regardants pour nous bien payer, que vous connaissez vous-mêmes ses intérêts bien mieux que personne, qu'il faut s'en fier à vous. Nos enfants, nos amis, pensent comme nous ; employez les, chassez les autres ; (''turn them out.'') » | ||
Un pareil brigandage avait lieu dans ce pays du temps des Français, quand nous n'avions pas de représentants. Le gouverneur et l'intendant se liaient comme larrons en foires, Ils signaient des cartes pour donner de l'argent à tous ceux qui leur léchaient la plante des pieds : ils ne s'oubliaient pas ; ils écrivaient dru, et signaient des cartes pour eux encore plus que pour les autres. Ce fut le bon temps pour les courtisans et les courtisanes qu'ils aimaient ; mais il fut diablement mauvais pour nos anciens laboureurs. On payait leurs grains et leurs animaux avec ces cartes. Un bon matin il fallut faire banqueroute, nos pères furent ruinés. Les gouverneurs de ce temps là firent si bien leurs orges, qu'ils ruinèrent celles de leur maître, et lui firent perdre sa terre. (*) Il en arrivera ainsi partout où des gens en place pourront prendre selon leur appétit, et non selon les moyens des peuples ; partout où les cris des gens en place pourraient étouffer la voix du pauvre peuple. ''La voix du peuple est la voix de Dieu'' ; que dire de ceux qui la méprisent, qui insultent la Chambre qui parle pour le peuple, parce qu'elle veut modérer les profusions que les gens en place voudraient continuer à nos dépends ? Cela ne doit pas être. Par la loi, le gouverneur, au nom du roi, engage les serviteurs publics, mais nos représentants fournissent les ... | Un pareil brigandage avait lieu dans ce pays du temps des Français, quand nous n'avions pas de représentants. Le gouverneur et l'intendant se liaient comme larrons en foires, Ils signaient des cartes pour donner de l'argent à tous ceux qui leur léchaient la plante des pieds : ils ne s'oubliaient pas ; ils écrivaient dru, et signaient des cartes pour eux encore plus que pour les autres. Ce fut le bon temps pour les courtisans et les courtisanes qu'ils aimaient ; mais il fut diablement mauvais pour nos anciens laboureurs. On payait leurs grains et leurs animaux avec ces cartes. Un bon matin il fallut faire banqueroute, nos pères furent ruinés. Les gouverneurs de ce temps là firent si bien leurs orges, qu'ils ruinèrent celles de leur maître, et lui firent perdre sa terre. (*) Il en arrivera ainsi partout où des gens en place pourront prendre selon leur appétit, et non selon les moyens des peuples ; partout où les cris des gens en place pourraient étouffer la voix du pauvre peuple. ''La voix du peuple est la voix de Dieu'' ; que dire de ceux qui la méprisent, qui insultent la Chambre qui parle pour le peuple, parce qu'elle veut modérer les profusions que les gens en place voudraient continuer à nos dépends ? Cela ne doit pas être. Par la loi, le gouverneur, au nom du roi, engage les serviteurs publics, mais nos représentants fournissent les sommes nécessaires pour les payer, toujours à même nos deniers. Autant vaudrait n'avoir pas de représentants, s'ils ne tenaient pas les cordons de la bourse publique assez serrés pour empêcher d'y plonger la main tous ceux qui aiment l'argent d'autrui. Vous voyez, par ce simple exposé, combien il est important d'avoir de bons représentants, des gens ménagers, qui, ayant soin des intérêts du public comme des leurs propres, prendront bien garde de ne pas donner des payes trop fortes aux gens en place, de crainte que, pour avoir de quoi y satisfaire ensuite, ils ne soient obligés de mettre des taxes sur nos terres, ce qui ferait notre ruine. | ||
Les représentants que nous avons à présent sont presque tous bons, puisqu'à l'exception de huit à neuf que je vous nommerai bientôt, ils ont bien voté dans la Chambre ; ils se sont opposés aux prétentions des gens en place, qui depuis plusieurs années reçoivent notre argent sans loi qui les y autorise, et qui trouvent cela si commode, qu'ils n'ont cessé d'intriguer pour engager le gouverneur à continuer cette méthode. La Chambre a crié : '''aux voleurs ! aux voleurs !'' Elle aurait fait plus sans doute, elle les aurait accusés auprès du roi, si on ne l'eût pas renvoyée de si bonne heure et si à contre-temps. Elle a été arrêtée de faire cette bonne œuvre. Encore quinze jours, elle eût pu finir tout cela, et tout ce qu'il y avait d'ailleurs à faire ; et je vous assure que dans le nombre des bills commencés et passés pour elle, il y en avait plusieurs qui auraient fait beaucoup de bien au pays, et à tous ses habitants. Patience ; ce qui est différé n'est pas perdu ; les années se suivent et ne se ressemblent pas. Quand la mesure est comble, elle renverse. Les gens en place iront encore vivre une année dans le péché, en prenant ce qui n'est pas à eux et ce qui est à nous; mais rira bien qui rira le dernier. Ils ne riront plus, ils grinceront les dents quand il faudra rendre leurs comptes, et tôt ou tard cela viendra. | |||
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== Notes de l'auteur == | == Notes de l'auteur == | ||
<nowiki>*</nowiki> Quelle que fût la supériorité des forces des Anglais sur celles des Français, il est bien probable que le Canada y aurait résisté, s'il n'eût pas été ruiné par les dilapidations des gens en place d'alors, qui prenaient sans permission l'argent du public. | <nowiki>*</nowiki> Quelle que fût la supériorité des forces des Anglais sur celles des Français, il est bien probable que le Canada y aurait résisté, s'il n'eût pas été ruiné par les dilapidations des gens en place d'alors, qui prenaient sans permission l'argent du public. | ||
Version du 2 janvier 2011 à 03:47
Source : [1]
ATTENTION!
MES CHERS COMPATRIOTES,
VOUS savez qu'en 1791 l'Angleterre nous a donné une constitution modelée sur la sienne ; que par cette constitution on ne peut point nous taxer ni dépenser les argents qui proviennent des taxes levées sur nous, sans notre consentement, c'est-a-dire sans le consentement de nos représentants que nous choisissons pour faire nos affaires : ce sont eux qui ont seuls le droit de régler le montant de la dépensé publique, ainsi que d'allouer à chacun des gens en place, la somme qui doit lui être payée à l'année ; car il est juste que ceux qui servent les autres, soient soutenus par ceux qu'ils servent, et à leurs dépends. Le maître paye son serviteur ; mais aussi de même que ce maître décide du prix qu'il peut ou veut donner à ses engagés, de même nos représentants, qui agissent pour nous, doivent fixer la somme qu'il convient de donner à chacun des employés du gouvernement, qui sont aussi nos propres serviteurs. Le gouverneur, qui est le premier employé, engage tous les autres ; mais ce n'est pas à lui à fixer le montant de leurs gages. Puisque ce n'est pas son argent qui y passe, mais le nôtre, il faut bien que nous ayons le moyen de l'empêcher de le dépenser mal-à-propos, S'il était le maître de payer à discrétion, comme on le prétend, il aurait intérêt de grossir toutes les payes, afin de s'assurer d'un plus grand dévouement à ses volontés quelles qu'elles fussent, dans ceux qu'il engagerait ; et si nous nous avisions d'y trouver à redire, il ne manquerait pas de nous faire répondre par les écrivains qu'il paye, et bien cher : « Eh quoi, Messieurs du Canada, quel est donc votre égarement ? Quelle raison de vous regimber ? Si j'ai le droit quand je le juge à propos de payer bien cher la journée d'un connétable ou de tout autre petit officier qui sait me plaire, comment n'aurais-ke pas celui de penser à moi ainsi qu'au juge-en-chef, et à tous ces grands officiers, avec l'aide desquels j'administre ? Si je puis à discrétion payer cher des aveugles, des boiteux et des manchots, que je pourrais placer dans la bureaucratie, à plus forte raison chargerai-je d'agent ceux qui ont deux yeux, deux bras et deux jambes entièrement dévoués a mon service. »
Et dès lors on verrait les gens en place accourir en foule, et s'écrier, agenouillés devant leur Dieu : « À merveille, c'est juste ; vous avez raison, vous aurez toujours raison, prenez et payez, c'est votre droit. » Et il payerait. Cependant remarquez bien mes amis que si le gouverneur avait ensemble et le droit d'engager nos serviteurs, et celui de les payer à discrétion, les moins utiles au public, les plus lâches, seraient bien vite les mieux récompensés. Ils diraient : « Oh! aujourd'hui il pleut, ou bien il fait trop chaud, ou bien il fait trop froid, n'allons pas au champ, c'est trop dur ; allons à la maison du gouverneur, fraîche en été, chaude en hiver, et là faisant nos chiens couchants, nous le chatouillerons en lui léchant la plante des pieds, ça lui fera plaisir, il nous jettera de bons os à ronger. » Pendant ce temps là, les bons serviteurs, qui, malgré le mauvais temps, auraient travaillé tout le jour, ou qui malgré le beau temps n'auraient pas été à la promenade dans la basse-cour du gouverneur, mais se seraient tenus à leurs bureaux pour y faire leur devoir, ne recevraient que des regoulades, et point de paye, pour récompense de leur honnête fidélité. Les hommes travaillants seraient haïs, parce que leur diligence ferait encore plus paraître la paresse des autres. Mais comment se vengeraient ceux-ci ? Par des mensonges. Ils iraient dire au gouverneur : « Vous nous voyez tous les jours, parce que nous vous respectons et vous aimons beaucoup. Il en est d'autres que vous ne voyez pas souvent ; ce sont des ingrats, promus par vos prédécesseurs ou même par vous ; ils ne vous aiment pas autant que vous le méritez ; ce sont des orgueilleux qui évitent de paraître devant vous parce qu'ils ne veulent pas assez reconnaître vos grandeurs : ce sont des ambitieux, des démocrates enragés, qui disent que nous vous faisons plus grand que vous n'êtes, en nous faisant plus petits devant vous, que la loi ne le requiert. Renvoyez les. Tout ce que vous voudrez, direz, ferez nous l'applaudirons. Eux, ils pensent qu'ils ne doivent vous obéir que comme la loi le dit, qu'il leur est défendu de rien faire contre les intérêts du peuple, pour 1equel ils sont obligés en conscience de travailler. Pour nous, nous disons que le peuple et ses représentants sont trop regardants pour nous bien payer, que vous connaissez vous-mêmes ses intérêts bien mieux que personne, qu'il faut s'en fier à vous. Nos enfants, nos amis, pensent comme nous ; employez les, chassez les autres ; (turn them out.) »
Un pareil brigandage avait lieu dans ce pays du temps des Français, quand nous n'avions pas de représentants. Le gouverneur et l'intendant se liaient comme larrons en foires, Ils signaient des cartes pour donner de l'argent à tous ceux qui leur léchaient la plante des pieds : ils ne s'oubliaient pas ; ils écrivaient dru, et signaient des cartes pour eux encore plus que pour les autres. Ce fut le bon temps pour les courtisans et les courtisanes qu'ils aimaient ; mais il fut diablement mauvais pour nos anciens laboureurs. On payait leurs grains et leurs animaux avec ces cartes. Un bon matin il fallut faire banqueroute, nos pères furent ruinés. Les gouverneurs de ce temps là firent si bien leurs orges, qu'ils ruinèrent celles de leur maître, et lui firent perdre sa terre. (*) Il en arrivera ainsi partout où des gens en place pourront prendre selon leur appétit, et non selon les moyens des peuples ; partout où les cris des gens en place pourraient étouffer la voix du pauvre peuple. La voix du peuple est la voix de Dieu ; que dire de ceux qui la méprisent, qui insultent la Chambre qui parle pour le peuple, parce qu'elle veut modérer les profusions que les gens en place voudraient continuer à nos dépends ? Cela ne doit pas être. Par la loi, le gouverneur, au nom du roi, engage les serviteurs publics, mais nos représentants fournissent les sommes nécessaires pour les payer, toujours à même nos deniers. Autant vaudrait n'avoir pas de représentants, s'ils ne tenaient pas les cordons de la bourse publique assez serrés pour empêcher d'y plonger la main tous ceux qui aiment l'argent d'autrui. Vous voyez, par ce simple exposé, combien il est important d'avoir de bons représentants, des gens ménagers, qui, ayant soin des intérêts du public comme des leurs propres, prendront bien garde de ne pas donner des payes trop fortes aux gens en place, de crainte que, pour avoir de quoi y satisfaire ensuite, ils ne soient obligés de mettre des taxes sur nos terres, ce qui ferait notre ruine.
Les représentants que nous avons à présent sont presque tous bons, puisqu'à l'exception de huit à neuf que je vous nommerai bientôt, ils ont bien voté dans la Chambre ; ils se sont opposés aux prétentions des gens en place, qui depuis plusieurs années reçoivent notre argent sans loi qui les y autorise, et qui trouvent cela si commode, qu'ils n'ont cessé d'intriguer pour engager le gouverneur à continuer cette méthode. La Chambre a crié : 'aux voleurs ! aux voleurs ! Elle aurait fait plus sans doute, elle les aurait accusés auprès du roi, si on ne l'eût pas renvoyée de si bonne heure et si à contre-temps. Elle a été arrêtée de faire cette bonne œuvre. Encore quinze jours, elle eût pu finir tout cela, et tout ce qu'il y avait d'ailleurs à faire ; et je vous assure que dans le nombre des bills commencés et passés pour elle, il y en avait plusieurs qui auraient fait beaucoup de bien au pays, et à tous ses habitants. Patience ; ce qui est différé n'est pas perdu ; les années se suivent et ne se ressemblent pas. Quand la mesure est comble, elle renverse. Les gens en place iront encore vivre une année dans le péché, en prenant ce qui n'est pas à eux et ce qui est à nous; mais rira bien qui rira le dernier. Ils ne riront plus, ils grinceront les dents quand il faudra rendre leurs comptes, et tôt ou tard cela viendra.
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Notes de l'auteur
* Quelle que fût la supériorité des forces des Anglais sur celles des Français, il est bien probable que le Canada y aurait résisté, s'il n'eût pas été ruiné par les dilapidations des gens en place d'alors, qui prenaient sans permission l'argent du public.